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Gengis Khan

 

 

    Gengis Khan (v. 1167-1227), nom de règne de Temüjin, conquérant mongol, qui fonda, à la tête d'armées de nomades, un immense empire allant des confins orientaux de la Chine à la mer Caspienne.

 

    Gengis Khan naquit près du lac Baïkal, en Russie. Il était le fils de Yesugei Ba'atur, qui aurait été chef d'une puissante tribu du sud de la Mongolie. Orphelin jeune, Temüjin se mit vers l'âge de quinze ans au service de Toghril Khan, chef des Kereïts. Faisant montre d'un génie militaire précoce, il vainquit les Naïmans, les Merkits et les Tatars, ralliant des clans entiers, qui le choisirent comme souverain. Il se retourna alors contre le chef d'une coalition de tribus qui lui étaient hostiles, Jamuqa, et contre Toghril Khan, s'empara du pays Kereït en 1203, et fit exécuter Jamuqa en 1205. En 1206, Temüjin s'était rendu maître de presque toute la Mongolie. Cette même année, au cours d'une diète réunissant les chefs de toutes les tribus, il se fit proclamer Gengis Khan (du chinois chêng-sze, «guerrier précieux»; turc khan, «seigneur»), chef des tribus mongoles et tatares unifiées, et fonda l'État mongol; la ville de Karakorum devint sa capitale.

 

    Le khan entama alors la conquête des royaumes sédentaires voisins de son empire, à commencer par la Chine du Nord, cherchant à «faire paître ses chevaux sur les plaines fertiles chinoises». En 1209, il avait soumis les Xi-Xia du Gansu et, en 1211, il s'attaqua, au sud et à l'ouest, à une région dominée par la dynastie Jin (ou Tsin) des Jürchet (1122-1234). Il dut alors adapter sa stratégie et faire l'apprentissage de la guerre de siège. Il ne s'arrêta pas avant d'avoir atteint la péninsule de Shantung. En 1215, ses armées s'emparèrent de Yenking (aujourd'hui Pékin), la dernière place forte des Jin et leur principale capitale, qu'elles pillèrent un mois durant. En 1218, la péninsule coréenne tomba aux mains des Mongols.

 

    En 1217, Gengis Khan disposait d'un corps d'artillerie chinoise suffisant pour venir à bout de places fortes moins bien organisées et armées que celles de Chine. Aussi confia-t-il à l'un de ses fidèles, Muqali, la poursuite de la conquête de la Chine, lui-même se consacrant dorénavant à celle des régions de l'Ouest.

 

    En 1219, prenant prétexte de l'assassinat d'envoyés de son empire - il s'agissait en fait d'une poignée de marchands musulmans faisant office d'agents de liaison - il envahit Khorezm, un vaste empire turc qui comprenait les actuels Iran et Irak, ainsi qu'une partie du Turkestan occidental. Pillant et massacrant, il s'infiltra au Turkestan et ravagea à la tête de ses armées les villes d'Otrar (1219), Bukhara, Samarkand (1220) et Urgenc (1221), inaugurant ainsi sa réputation d'extrême férocité. Dans ce qui est aujourd'hui le nord de l'Inde et le Pakistan, les Mongols conquirent les villes de Peshawar et de Lahore et les campagnes avoisinantes. Dans le même temps, ses généraux Djebe et Subutaï organisèrent en 1222, autour de la mer Caspienne, une vaste expédition. Ils mirent à feu et à sang la région qui s'étend de la Volga au Dniepr, et du golfe Persique à l'océan Arctique.

 

    En 1126, Gengis Khan repartit vers le sud pour mater une révolte des Xi-Xia, mais il mourut en 1227, probablement des suites d'une chute de cheval.

 

    La grandeur du khan comme chef militaire, confirmée par ses conquêtes, reposait sur l'excellente organisation, discipline et maniabilité de ses armées, constituées de cavaliers intrépides, endurants et habiles archers. Le chef mongol fut de surcroît un dirigeant avisé, qui sut s'entourer de lettrés bouddhistes et nestoriens pour mettre sur pied son gouvernement et son administration; son empire était si bien organisé que, disait-on, un voyageur pouvait aller d'un bout à l'autre sans craindre un seul danger. Toutefois, il fit preuve d'une sauvagerie sans limites envers ses rivaux et ennemis, usant du massacre comme d'une arme ordinaire de conquête. À sa mort, le 18 août 1227, l'Empire mongol fut divisé entre ses trois fils. L'influence des invasions de Gengis Khan outrepassèrent largement sa mort. Si elles portèrent un coup certain aux civilisations chinoise et islamique, elles bénéficièrent aux Turco-Mongols et constituèrent un facteur d'unification de l'Asie.
 

 

 

 

 

 

 

 

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