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Constantinople

 

 

    Le Bosphore est, dès le IIe millénaire av. J.-C., un lieu de passage fréquenté. Au cours du Ier millénaire, une agglomération semble s'être constituée au fond de la Corne d'Or : Semistra. La population se serait déplacée pour s'établir à l'emplacement actuel de Topkapi qui se serait appelé Lygos, nous apprend Pline l'Ancien, toujours au courant de tout, mais sans apporter d'autres précisions. En 657 av. J.-C., des colons de Mégare s'y établissent avec leur chef Byzas, lequel avait auparavant consulté l'oracle ce Delphes ; il donne son nom Byzantion à la nouvelle colonie élevée sur l'acropole qui domine la mer et la baie. Ce comptoir grec prend rapidement une grande importance.
 

 

    Depuis la plus haute Antiquité jusqu'à un passé récent, le Bosphore fut toujours une des voies de prédilection des grandes invasions. Rares sont en effet les peuples d'Occident ou d'Orient que le destin n'ait pas entraînés sur ses rives. Elles ont vu passer les armées de Darius (le roi des Perses), du Spartiate Pausanias, de Philippe de Macédoine et de son fils Alexandre le Grand. Après la mort de celui-ci, lors du partage de son vaste empire, les différentes principautés fondées par ses généraux ne tardent pas à se disputer le pouvoir sur Byzance. Ainsi, une fois encore, à maintes reprises, la ville change de camp avant de devenir une cité autonome sous administration romaine. La puissante Rome a évidemment compris, elle aussi, l'importance stratégique des détroits voisins et l'intérêt du verrou que représentent ses terres. Mais là ne s'arrête pas, loin s'en faut, la tumultueuse histoire de Byzance...
 

    Marc-Aurèle l'appelle Antonium, en l'honneur de son père adoptif Antoine ; elle prend ensuite le nom de Nea Rome. Pour punir la ville de l'appui qu'elle a donné à son principal rival, Septime-Sévère décide de la raser en 193. Tandis que déjà a commencé l'irrémédiable saccage, l'empereur se ravise. Mieux : il se lance dans d'importants travaux d'embellissement.
 

    Au IVe siècle ap. J.-C., l'avenir du monde occidental se jouant désormais en Orient, l'empereur romain Constantin décide de déplacer sa capitale de 1 200 km vers l'est (330 ap. J.-C.). La décision de l'empereur et les bras de 10 000 terrassiers goths font de Byzance une métropole dont le rayonnement éclipse bientôt Rome et va briller, durant un millénaire, à l'avant-garde de la civilisation. Pendant un certain temps, les monnaies de Constantin portent la représentation de la louve romaine surmontée de deux étoiles, pour bien montrer qu'il y a désormais deux capitales de l'empire, voire du monde. Pour en faire la "Nouvelle Rome", 5 collines sont encerclées par 3 km de murs massifs, de la mer de Marmara jusqu'à la Corne d'Or. Après avoir agrandi la ville, l'empereur Constantin transfère définitivement à Byzance le siège de l'Empire romain. Byzance devient Constantinopolis c'est-à-dire la ville de Constantin.
 

    A la mort de Théodose, en 395, Constantinople devient la capitale de l'empire romain d'Orient, bientôt capitale de l'empire byzantin.
 

    Au Ve siècle, Théodose II démolit les murailles de Constantin et fait édifier une nouvelle enceinte constituée d'une double rangée de murs et renforcée par 96 tours. Ces murailles marqueront dès lors les limites de la vieille ville qui gagnera encore de l'autre côté de la Corne d'Or et le long des côtes de la mer de Marmara et du Bosphore. Constantinople s'étendra ainsi sur sept collines, telle la Rome antique, l'acropole de l'ancienne Byzance étant sise sur la première colline. Sous Théodose II, les Huns s'avancent jusqu'en Thrace et des populations entières viennent alors se réfugier dans la cité impériale posant d'énormes difficultés de sécurité et d'approvisionnement. L'empereur Théodose II doit verser un tribut considérable en pièces d'or. Byzance est sauvée, mais cette fois, au prix fort !
 

    Entre la mort de Constantin en 337 et le début du VIe siècle, pas moins de vingt empereurs se succèdent sur le trône de Constantinople.
 

    Le VIe siècle est baptisé avec raison par les historiens : "Âge d'or de Byzance". La ville compte déjà environ 800'000 habitants. C'est à cette époque et principalement sous l'impulsion directe de Justinien, que la vaste cité va s'enrichir de nombreuses merveilles architecturales dont la basilique Sainte-Sophie est un superbe exemple.
 
 

 

 

 

 

 

 

 

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